Le rapport de Brodeck

03Déc08

J’ai appris à ne pas trop poser de questions. J’ai aussi appris à me parer de la couleur de murs et de celle de la poussière des rues. Ce n’est guère difficile. Je ne ressemble à rien.

Le rapport de Brodeck, Philippe Claudel, Stock 2007

J’ai le sentiment que je ne suis pas fait pour ma vie. Je veux dire que ma vie déborde de toute part, qu’elle n’est pas taillée pour un homme comme moi, qu’elle se remplit de trop de choses, de trop d’événements, de trop de misères, de trop de failles. Peut-être est-ce ma faute ? Peut-être est-ce moi qui ne sais pas être un homme ? Qui ne sais pas prendre et laisser, faire le tri. Ou peut-être est-ce la faute de ce siècle dans lequel je vis qui est un gros entonnoir où se déverse le trop-plein des jours, tout ce qui coup, écorche, écrase et tranche. Ma tête parfois je la sens sur le poibnt d’exploser, comme une marmite qu’on aurait bourrée de poudre. [Chap. VI, p. 56]

Ça n’a l’air de rien pourtant un paysage. Ça ne dit rien. Au mieux, ça nous renvoie à nous, pas davantage. [Chap. XXXIV, p. 345]



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