El último lector

22Mar09

Un jour, Lucio avait fait une expérience, il s’était servi en lisant Yeux insomniaques d’un pinceau pour badigeonner de miel les parenthèses et les tirets qu’emploient sans cesse certains auteurs dans le but de subordonner ou compliquer leurs phrases. Pour Lucio, ces signes n’étaient que des licences grammaticales pour auteurs maladroits, incapables d’enchaîner les phrases de manière naturelle, fluide. Il fixa une corde au dos du livre et le fit descendre en enfer. un mois plus tard il l’en extrayait. Il fut déçu de constater que les cafards n’avaient pas manisfesté de préférence marquée pour le miel, car ils avaient tout aussi bien consommé les tirets, les parenthèses, que la mauvaise prose et les phrases distillées par l’auteur. (…) il n’y avait pas de raison que les cafards fissent de différence dans ce que la masse des lecteurs ne distinguait pas.

El último lector, David Toscana, éd. Zulma



No Responses Yet to “El último lector”

  1. Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :